octobre 2011

Archive mensuelle

Le mythe des centrales nucléaires propres

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

Cheminée de rejets des effluents gazeux radioactifs des réacteurs n°3 & n°4 de la Centrale Nucléaire EDF de Cruas-Meysse ZOOM HD.
Tout savoir sur les Mythes de l’Énergie Nucléaire par Gerd Rosenkranz : Ce document renferme la
connaissance utile à un débat critique sur l’énergie nucléaire, en identifiant les alternatives et en présentant
l’électricité nucléaire comme ce qu’elle est : une technologie à haut risque, irresponsable et onéreuse. [PDF]
Le Mythe des centrales nucléaires propres et
sûres : La pire des pollutions gazeuse et liquide
CARTORADIATIONS 16 08 2011
Nb : Ce dossier n’aborde pas la problématique des déchets nucléaires issus du combustible radioactif.
Avant-propos :
En fonctionnement normal une centrale nucléaire émet en continu des rejets radioactifs ou chimiques d’effluents
liquides ou gazeux. Il s’agit de rejets permanents effectués volontairement sous contrôles ou sous contraintes
événementielles (situations de crises ou accidentelles). Il peut s’agir aussi de rejets effectués involontairement par
erreur ou automatiquement en urgence par la cheminée de décompression suite à une surpression anormale. Ils
proviennent des circuits d’épuration et de filtration de la centrale qui collectent une partie des éléments radioactifs ou
chimiques engendrés par le fonctionnement des divers circuits du réacteur, de la salle des machines et enceintes de
confinements.
En principe, après avoir été classés selon leur niveau de radioactivité ou de leur composition chimique, les effluents
sont stockés, traités et dans la majorité des cas rejetés (dilution dans le milieu) sous forme liquide ou gazeuse.
Les quantités d’effluents radioactifs et chimiques que les centrales nucléaires ou des usines nucléaires sont autorisées à
rejeter sont établies par des organismes nationaux ou internationaux en fonction de divers critères. Concrètement dans
des conditions normales d’exploitation des réacteurs, pour être acceptable, c’est à dire être dans les normes officielles,
il est pratiqué lors des rejets une savante dilution pour éviter une concentration, ceci en fonction des conditions
atmosphériques pour les rejets gazeux par les cheminées ou en fonction des débits des cours d’eau pour les rejets
liquides.
Ces rejets d’effluents qui sont dans tous les cas une pollution environnementale latente et chronique à effets
biologiques doivent éviter théoriquement que la bioconcentration du polluant (radionucléide,…) engendre une
absorption qui ne soit pas supérieure pour une substance donnée à son élimination. Pareillement la bioaccumulation
dans l’organisme ne doit pas dépasser ses capacités d’absorption ce qui engendrerait une toxicité aigue à effets
sanitaires.
Il faut savoir que la comptabilisation des effluents rejetés résulte, non pas de valeurs issues de mesures, mais de
valeurs extrapolées à partir de prélèvements à un moment T ou estimées d’après un linéaire de fonctionnement.
Toujours concrètement il est souvent impossible de pouvoir effectuer un contrôle in situ par un organisme totalement
indépendant, ce qui a été toujours refusé comme par exemple (demande de station automatique sur effluents) pour
les usines d’AREVA : Reportage HD, la radioactivité rejetée dans l’Isère en pleine ville de Romans dans « Les vérités qui
dérangent ».
En conséquence, en fonction d’un nombre important de paramètres, (ex. azimuts vents dominants, débits des cours
d’eau, etc …) et malgré les balises de contrôles, … il est très difficile de mettre en évidence les valeurs et les volumes
des rejets des effluents radioactifs et chimiques des centrales nucléaires pouvant avoir des conséquences
dommageables pour la santé des populations impactées.
A- Les rejets des effluents gazeux radioactifs effectués dans l’air
En fonctionnement normal les rejets permanents gazeux ou dits aérosols (avec de fines particules) proviennent de
diverses sources, principalement celles de l’épuration et de l’activation des circuits, de la fission ou ceux issus de
systèmes de ventilations des zones de confinements nucléaires. Ils sont en principe filtrés pour retenir les poussières et
les traces d’iodes radioactifs.
Certains effluents, sont stockés pendant quelques semaines dans des réservoirs afin que leur radioactivité décroisse
naturellement en fonction de leurs périodes radioactives et biologiques (temps au bout duquel la moitié ingérée ou
inhalée est éliminée, ou a perdu son activité par des processus purement biologiques). Ensuite en fonction des
conditions météorologiques (vents, pluies, etc …), ils sont ensuite rejetés « sous contrôle » dans l’atmosphère suivant
des normes, par une gigantesque cheminée [Imagerie exceptionnelle anamorphosée HD de la cheminée des rejets
radioactifs des réacteurs n°3 et n°4 de la CN EDF de Cruas-Meysse].
En cas d’incidents ou d’accidents et afin de ne pas mettre en péril (saturation) ou en surpression anormale la zone
nucléaire de confinement, les rejets gazeux de toutes natures peuvent être réalisés en urgence par les cheminées
directement et automatiquement sous contrôles de filtres (tant que faire se peut !) et des seules valves et
soupapes tarées par des ressorts, ceci quelques soient les conditions météorologiques et la nature des radioéléments.
En tout état de cause les rejets gazeux permanents, sous contraintes ou accidentels « voyagent » avec des répartitions
sujettes aux reliefs et aux conditions atmosphériques. Un exemple « typé » : Pour Les centrales nucléaires d’EDF situées
dans l’axe Rhodanien le vent dominant étant essentiellement le mistral, en conséquence les principales villes impactées
par ordre décroissant par les rejets gazeux de toutes natures sont Orange, Avignon, Arles, Istres et Marseille et en cas
de vent du sud, Montélimar, Valence, Vienne et Lyon.
Ces effluents gazeux émetteurs de rayonnements bêta et gamma qui ne sont pas assimilables par l’organisme, sont
essentiellement constitués de gaz rares dont les principaux sont le Xénon et le Krypton, mais aussi du Carbone 14 et du
Tritium qui est produit dans le circuit primaire lors de la fission par l’activation d’éléments tels que le Bore et le Lithium.
Le Tritium avec le Carbone 14 sont les deux radionucléides les plus rejetés dans l’atmosphère.
Le Tritium gazeux a la particularité d’être un atome particulièrement petit ce qui lui permet de pénétrer dans le béton,
mais surtout de se diffuser par les fissures des enceintes de confinements, voire par les plus infimes porosités, mêmes
celles de tuyauteries en métal. [Les normes avec Wikipedia].
Il existe aussi, dans cette catégorie, des rejets non radioactifs mais tout aussi très dangereux, ce sont les légionelles
présentes dans les dispersions des panaches de vapeur issues du circuit de refroidissement des tours aéroréfrigérantes.
La température à l’intérieur des gigantesques circuits de refroidissement génère leurs développements et leurs
concentrations qu’il est nécessaire de contrôler et de traiter par injection de produits biocides afin que les valeurs des
normes exprimées en Unité Format Colonie par litre (UDC/l) recommandées par les autorités soient respectées.
Pareillement se produit un fort développement d’amibes parasitaires en lien avec la température de l’eau du bassin de
récupération des tours aéroréfrigérantes, c’est une préoccupation constante du gestionnaire qui les neutralise au
mieux afin que leurs concentrations soient inférieures aux seuils recommandés.
B – Les rejets des effluents liquides radioactifs ou chimiques effectués dans l’eau
Les effluents liquides radioactifs ou chimiques sont liés au fonctionnement du réacteur et proviennent de l’îlot
nucléaire ou de la salle des machines. Dans la majorité des cas, les effluents liquides sont stockés, puis traités et enfin
après contrôles rejetés par dilution dans les cours d’eau.
La notion de la valeur du débit du cours d’eau est une constante fondamentale pour l’exécution des rejets des effluents
radioactifs ou chimiques, ainsi que celui dit thermique car elle définie l’activité volumique après dilution (activité
ajoutée par litre d’eau).
Nous avons vu les résultats de cette notion appliquée précédemment aux rejets du polychlorobiphényle (PCB) qui s’est
avérée être ultérieurement une des plus grandes catastrophes environnementales de ces dernières décennies,
notamment pour le fleuve Rhône.
De plus l’application de la réglementation est purement théorique, puisque qu’en cas de
situation anormale des dérogations temporaires peuvent être accordées par l’ASN, comme
celle obtenue le 28 juillet 2011 par l’exploitant EDF de la Centrale Nucléaire de Cruas-Meysse,
une décision qui est un modèle du genre, à lire, très instructif … *pdf+.
A – Les rejets des effluents liquides radioactifs proviennent du circuit primaire du réacteur et de ses circuits
connexes nucléaires, ce sont essentiellement du Tritium, d’Iodes radioactifs (15 potentiellement présents), des
Radioéléments (émetteurs β et γ) issus de l’activation neutronique ou de la fission nucléaire et du Carbone 14 produit
par l’activation de l’oxygène de l’eau du circuit primaire radioactif. Le Carbone 14 (demi-vie de 5570 ans) qui se
désintègre en émettant un rayonnement bêta est rejeté sous forme gazeuse et par voie liquide sous forme de CO2
dissous, ce qui a des conséquences sur les ratios des constantes des équilibres environnementaux, un vaste débat !
[Plus avec Wikipedia sur la solubilité du CO2 dissous en fonction de la température].
- En cas d’incidents tels que des dommages dans les gaines des barres du combustible (une micro-perforation suffit),
une augmentation de la densité de substances toxiques radioactives libérées aura lieu dans l’eau du circuit primaire qui
nécessitera un arrêt du réacteur et le « traitement » de l’eau hautement contaminée par une kyrielle de radioéléments.
- En cas d’accident, même collatéral, tel que celui de la SOCATRI à la CN du Tricastin (74 kg d’uranium artificiel rejeté),
évidemment la notion de seuils des normes est pulvérisée et passe comme toujours à « la trappe », la migration des
polluants radioactifs dans l’environnement est totalement incontrôlable, « nous sommes en plein amateurisme ! » [DL]
Suite à un accident nucléaire au-delà de beaux discours sur la notion de sûreté nucléaire les dysfonctionnements en
tous genres sont une réalité constatée que personne ne peut nier.[Reportage de France 2]
- En cas de désastre nucléaire comme à Fukushima, « la messe est dite », les rejets des effluents radioactifs liquides se
chiffrent à des millions de m3, le pays, en l’occurrence le Japon devient simple spectateur de sa disparition … (en cours).
B – Les rejets des effluents liquides chimiques sont eux aussi très nombreux, en effet, déjà pour pouvoir être
utilisée dans les divers circuits primaires, secondaires et tertiaires de la centrale nucléaire, l’eau prélevée destinée
notamment au refroidissement du réacteur doit subir différents traitements chimiques (déminéralisation, chloration,
anti-tartre, anti-corrosion, …). Ces traitements donnent lieu à des rejets d’effluents tel que sodium, chlorures, sulfates,
… Même dans le cas d’une augmentation minime des teneurs il en résulte une influence sur la qualité de l’eau, la faune
et la flore aquatique, ceci malgré les mesures de contrôles permanentes du respect des limites issues des normes et les
études régulières réalisées sur l’écosystème aquatique en aval des rejets (niveau de radioactivité, température, pH,
conductivité, teneur en oxygène dissous, etc …). De plus l’important volume d’eau utilisée provoque une pollution due
à l’usure anormale des matériaux de chaudronnerie tels que l’acier, le zinc, le cuivre, le chrome, les composants d’inox.
Liste non exhaustive des rejets de produits chimiques d’une centrale Nucléaire (source EDF) :
Les rejets chimiques sont composés par les produits utilisés pour conditionner l’eau des circuits, selon des paramètres
physiques et chimiques requis pour obtenir un bon fonctionnement des installations.
 L’acide borique est utilisé pour sa propriété d’absorbeur de neutrons grâce au bore qu’il contient. Cette propriété du
bore permet de contrôler le taux de fission du combustible nucléaire et, par conséquent, la réactivité du cœur du
réacteur.
 La lithine (ou oxyde de lithium) utilisée pour maintenir le pH (acidité) de l’eau du circuit primaire au niveau voulu et
limiter la corrosion des métaux.
 L’hydrazine utilisée pour éliminer la majeure partie de l’oxygène dissous dans l’eau du circuit primaire et garantir
l’intégrité des matériels contre la corrosion.
L’hydrazine est également utilisée pour la mise en condition chimique de l’eau du circuit secondaire. Ce produit est
employé simultanément à d’autres permettant de maintenir au niveau voulu le pH de l’eau secondaire.
 La morpholine ou l’ethalonamine qui permettent de protéger les matériels contre la corrosion.
En revanche, pour le conditionnement physique et chimique des circuits en contact avec l’air, on utilise plutôt les
phosphates, toujours pour maintenir au niveau voulu le pH de l’eau et limiter les phénomènes de corrosion.
Ces divers conditionnements génèrent, directement ou indirectement, la formation d’azote, d’hydrogène et
d’ammoniaque, que l’on retrouve dans les rejets sous formes :
 D’ions ammonium,
 De nitrates,
 De nitrites.
En ce qui concerne les effluents issus de la partie conventionnelle de l’installation, leurs conditionnements physiques et
chimiques nécessitent de réaliser des opérations de déminéralisation et de chloration, par conséquent des rejets :
 De sodium,
 De chlorures,
 D’ AOX (acronyme « Adsorbable Organic Halogen ») ou composés « organohalogénés » utilisés pour les traitements
de lutte contre les microorganismes (traitements appelés biocides) des circuits. Les organohalogènes forment un
groupe constitué de substances organiques (c’est-à-dire contenant du carbone) et qui comprend plusieurs atomes
halogènes (chlore, fluor, brome ou iode). Ceux qui contiennent du chlore sont appelés « composés organochlorés ».
 De THM ou trihalométhanes, auxquels appartient le chloroforme. Ils sont utilisés pour les traitements biocides des
circuits ainsi que pour les traitements de chloration. Les trihalométhanes sont un groupe important et prédominant de
sous-produits chlorés de désinfection de l’eau potable. Ils peuvent résulter de la réaction entre les matières organiques
naturelles présentes dans l’eau et le chlore rajouté comme désinfectant.
 De sulfates,
 De phosphates,
 De détergents
De plus EDF a obtenu l’autorisation de « chlorations massives » pour certaines (±5) de ses centrales nucléaires. Cette
chloration a pour but de limiter la prolifération d’amibes du fait des rejets d’eau chaude qui peuvent mettre en grave
danger les populations (baignades, eau potable). Or la chloration massive est aussi très néfaste pour l’environnement
et la santé.
C – Les rejets dits thermiques
L’eau prélevée pour assurer le refroidissement et le fonctionnement des circuits subit un échauffement, lors de son
rejet soit directement ou par l’intermédiaire des tours aéroréfrigérantes, la limite d’échauffement ne doit pas dépasser
1°C à 5,5°C suivant soit l’Arrêté Ministériel du 7 novembre 2003 ou d’Arrêtés Préfectoraux, néanmoins en fonction
d’événements ponctuels des dérogations sont possibles jusqu’à 7,5 °.
_______________________________
Ceux qui en charge de responsabilités font perdurer les mythes du nucléaire sûr et propre sont des
personnes irresponsables hautement dangereuses pour le devenir de l’humanité.

Manifestation du 15 octobre 2011

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, dont la gravité augmente de jour en jour,
plongeant le peuple japonais dans une situation dramatique, nous devons TOUT faire pour éviter un
tel drame chez nous.
Le réseau ‘sortir du nucléaire’, propose une grande manifestation nationale le samedi 15 Octobre.
Sur TARBES, l’association ‘nucléaire, non merci ! 65′, organisera un rassemblement rue
Brauhauban, derrière le tribunal, à partir de 15h ;
Nous proposons une réunion de préparation et mise au point,
le jeudi 6 octobre à 18h, à la ferme Fould, rue de Broglie (derrière le Leclerc de l’Ormeau).
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter notre Secrétaire :Yannick
GAUTIER gautier.rousseau@free.fr , ou envoyer un courrier par l’adresse mail :
sortirdunucleaire65@laposte.net

Manifestation du 15 octobre 2011

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

Déchets radioactifs

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

QUE FAIRE DES
DECHETS NUCLEAIRES ?
C’est LE problème du nucléaire sur le long terme, car l’industrie nucléaire
produit de très grandes quantités de déchets très dangereux :
1) Dans les mines d’uranium :
L’extraction d’uranium produit d’emblée des Tonnes de « stériles », c’est-à-dire de terre de
déblaiement superficiel et de minerai trop pauvre. Mais ces stériles ne le sont pas ! Ils
sont radioactifs : la radioactivité « naturelle » de la terre étant de 80 Bequerel par kilo (80
Bq/kg), les stériles présentent une radioactivité de 3000 à 100 000 Bq/kg et même
parfois jusqu’à 200 000 Bq/kg (car le tri entre minerai exploitable et stériles est très
grossier) . Ces stériles devraient être entreposés à l’abri de la pluie et surtout sur un sol
étanche pour ne pas contaminer les nappes phréatiques (nos réserves d’eau potable).
Or ils sont le plus souvent laissés à l’abandon, ou servent à remblayer routes et terrains
divers.
2) Dans les usines d’extraction :
Le minerai brut est ensuite traité par de l’acide sulfurique pour récupérer l’uranium : la
teneur en uranium du minerai brut est de 0,2 à 1 %. Donc plus de 99 % du minerai
devient un déchet, radioactif (il y reste du radium -période 1600 ans- insoluble + du
thorium de période 75 000 ans + sde l’ uranium 0,1 kg par tonne + …), généralement
abandonné sur place, quand il n’est pas « recyclé » en route, stade ou parking …
radioactif, bien sûr. L’activité radioactive de ces déchets est de 70 % de
l’activité du minerai initial.
Un exemple de ce scandale est la ville de GUEUGNON (Saône et Loire), où une usine
d’extraction de l’uranium s’est implantée en 1955 et a fermé ses portes en 1980. Elle a été
exploitée d’abord par le CEA, puis par la COGEMA devenue ensuite AREVA. Les déchets ont été
stockés sur place et en bordure de la rivière locale , l’Arroux, affluent de la Loire. A la fermeture,
le site a été déclaré « assaini » (décontaminé), et est resté sous surveillance …. de l’exploitant
(!), qui a régulièrement affirmé l’absence de toute pollution radioactive. En 2008 la CRIIRAD a
testé le site et a mis en évidence en bordure de l’ancien emplacement de l’usine des zones très
irradiantes, et de l’autre côté de la rivière Arroux, sur le parking du stade un niveau d’irradiation
anormalement élevé avec des  » noyaux » chauds près des lampadaires (car la terre a été remuée
lors de leur installation). Les analyses effectuées ont prouvé que les radionucléides présents
sont bien liés à l’activité du site. AREVA a fini par reconnaître que le sol du parking contient plus
de 30 0000 Tonnes de déchets radioactifs recouverts de 70 cm de terre. Il y a, en tout, 225 000
Tonnes de déchets radioactifs enterrés à l’entrée de Gueugnon avec les déchets du
démantèlement. Pour réduire les coûts, l’exploitant a déversé les déchets à proximité, dans
d’anciennes gravières, SANS AUCUNE étanchéification des fonds et des parois, et le fond des
gravières est en dessous du niveau de l’Arroux, donc toujours sous l’eau….La dangerosité de ces
déchets va se maintenir pendant des centaines de milliers d’années…ce n’est donc qu’une
question de temps avant que tout le milieu soit contaminé.
3) Dans les usines d’enrichissement :
L’uranium purifié est « enrichi ». En effet, l’uranium contient plus de 99% d’isotope 238
peu efficace dans les centrales nucléaires, et 0,7% d’uranium 235 « fissile », plus actif
dans la réaction nucléaire. On enrichit donc l’uranium en cet isotope (par centrifugation
à Marcoule), et pour 7 Tonnes de minerai d’uranium, on récupère 1 Tonne
d’uranium enrichi et …6 Tonnes d’uranium « appauvri », déchet inutilisable, mais
toujours radioactif.
On lui a maintenant trouvé une utilisation : l’uranium étant un métal très lourd, et …pas cher du
tout pour l’uranium appauvri, les militaires s’en servent pour fabriquer des obus.
C’est ainsi que plusieurs pays en guerre ont vu leur territoire gravement contaminé au fil des
ans par les obus occidentaux et font maintenant face à une recrudescence importante de
cancers, leucémies, malformations, maladies diverses et mal connues : Irak, Kosovo,
Afghanistan, …
4) Dans les centrales nucléaires :
L’ uranium enrichi est utilisé dans une centrale nucléaire. Au bout de 18 mois, ce
combustible « irradié » est devenu inefficace (mais toujours radioactif), et est retiré du
coeur du réacteur. La plupart des pays le stockent alors comme déchet, mais en France
on en « retraite » une partie.
Le retraitement multiplie les déchets, et surtout, fait apparaitre du plutonium,
redoutable métal lourd, extrèmement radioactif, dont il suffit de 1/millionième de
gramme pour tuer une personne par cancer. Sa période (temps de diminution de moitié
de la radioactivité) est de 24 000 ans. A partir d’ 1 Tonne de combustible irradié, on
extrait 10 Kg de plutonium, et 40 Kg d’autres produits de fission, c’est à dire fabriqués
dans le réacteur nucléaire, le tout très radioactif .
La France produit 1 200 Tonnes de combustible usé tous les ans, dont 1/3 ne sont pas
retraités. (la majeure partie des pays nucléaires ne retraitent pas), les 2/3 retraités
accumulant des produits séparés, inutiles pour la plupart et 7 à 8 Tonnes de plutonium
qui seront utilisés dans 20 réacteurs, mélangés à de l’uranium appauvri (c’est le « MOX »),
produisant 120 Tonnes de MOX irradié, à entreposer.
Toutes ces opérations génèrent d’autes déchets : objets utilisés dans les centrales :
tuyauteries changées, filtres pour l’eau et l’air, pièces de ventilateurs, joints, bidons,
gants, gravats, ….
5) Pendant le fonctionnement des centrales et des usines nucléaires :
En fonctionnement les installations nucléaires rejettent dans l’atmosphère des gaz
radioactifs : par exemple les 4 réacteurs du Bugey (Ain) ont rejeté en 2009, 1820
milliards de Bq essentiellement par : gaz rares, tritium (hydrogène radioactif qui entre
dans la composition de l’eau, de période12 ans), carbone 14 de période 5700 ans, le
carbone entrant dans la composition de quasiment toutes les molécules organiques. Les
installations nucléaires rejettent aussi des effluents liquides : Le Bugey par exemple
est autorisé à rejeter dans le Rhône, jusqu’à 190 000 milliards de Bq (tritium, potassium,
radium, …).
Enfin les centrales nucléaires en fonctionnement produisent de la chaleur dont les 2/3 sont
rejetés dans l’atmosphère ou réchauffent les cours d’eau : pour le Bugey, les 4 réacteurs qui
fonctionnent produisent chacun 900 MW électriques, et 1800 MW de chaleur évacuée dans l’air
ou dans le Rhône (pas terrible pour l’effet de serre!).
6) Enfin les centrales en fin de vie doivent être démantelées :
Exemple de la seule centrale en cours de démantèlement en France : Brénnilis (ou centrale des
Monts d’Arrée, en Bretagne). Elle a été mise en service en 1967 et arrêtée en 1985. Un
démantèlement partiel a été autorisé en 1996, celui de la partie la plus dangereuse a été différé
de 50 ans. Ce démantèlement partiel a déjà coûté 3 fois plus que la somme totale prévue
initialement… En 2003 EDF demandait l’autorisation de démanteler tout de suite le reste :
l’autorisation, donnée sans enquête publique était cassée par le Conseil d’Etat. En 2009
,nouvelle demande, cette fois avec enquête publique, et rejet par la Commission d’Enquête, car
l’étude ne présente pas les options possibles,ne justifie pas le choix d’un démantèlement
immédiat, surtout par rapport à la protection de l’environnement.
Ici aussi, il y a des rejets radioactifs énormes dans l’environnement : le projet ICEDA
d’usine de conditionnement et d’entreposage de déchets très radioactifs du Bugey (pas
encore autorisé), prévoit des rejets radioactifs dans l’air de 10 000 milliards de Bq, et
dans l’eau du Rhône de 13 milliards de Bq . Cette usine servirait essentiellement à
traiter les déchets de moyenne activité du démantèlement des centrales de Brennilis,
Chooz A, Superphénix, St- Laurent-des-Eaux A1 et A2, Chinon A1, A2, A3, et Bugey 1.
Et il y a du pain sur la planche : il y a déjà 37 réacteurs nucléaires à démanteler !
Ces installations industrielles de conditionnement des déchets radioactifs sont
dangereuses toujours : on vient de le voir avec l’accident de Marcoule, qui a contaminé
la ville d’Avignon, malgré toutes les dénégations des autorités.
LES METHODES ENVISAGEES POUR S’EN DEBARASSER : depuis 60 ans, les
nucléocrates cherchent … et ne trouvent pas. CAR IL N’Y EN A PAS ! Un atome
radioactif le reste quoi que l’on fasse. Sa radioactivité ne dépend que de sa
période. Si on le brûle …il part en fumée…et retombe plus loin sur la terre en
fonction des vents, de la pluie …C’est ainsi que le nuage de TCHERNOBYL a
gravement contaminé les USA, provoquant la première année (1986) une
augmentation de mortalité de 160 000 personnes, dont plus de 1500 morts
d’enfants. De même depuis FUKUSHIMA, la mortalité infantile a augmenté de 35
% dans les grandes villes américaines. Pour la France, on ne sait pas : c’est un
Secret d’Etat !
Les déchets radioactifs devront être « gérés » pendant des centaines de
milliers d’années.
Il est donc indispensable :
- d’arrêter d’en produire en stoppant TOUT le nucléaire LE PLUS VITE POSSIBLE
- de réfléchir aux diverses méthodes de stockage possible, et de laisser les
citoyens, et leurs
élus, DECIDER eux-même et CHOISIR les moins mauvaises pour proréger
notre
santé et celle de nos descendants.
DEMANDONS A NOS HOMMES ET FEMMES POLITIQUES LA CREATION D’UNE
COMMISSION CITOYENNE POUR LA GESTION DES DECHETS NUCLEAIRES.
DEMANDONS DES COMPTES A CEUX QUI NOUS ONT ENTRAINES DANS CETTE
FOLIE QUI MET EN DANGER LA VIE MEME.

sortir du nucleaire, c’est possible !

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

Sortir du nucléaire en France, c’est possible !
Voici un scénario, parmi tant d’autres, de sortie en 10 ans, sur des bases réalistes et accessibles
Il repose sur : des économies d’électricité, un accroissement du renouvelable, et, en transition, un recourt
supplémentaire au gaz (rapport « Nucléaire : comment en sortir ? », 2007)
Consommation en 2010 : 513 Twh – dont 407 produits par 58 réacteurs nucléaires
Economies d’électricité
Système électrique
Consommations électriques dues au cycle 21TWh
nucléaire lui-même
Pertes électriques 6 TWh
Echanges et exportations 63 TWh
Diminution de la demande : chauffage – isolation – appareils basse consommation
Tertiaire 42 TWh
Habitat 63 TWh
Industrie 10 TWh
Total des économies : 205 TWh soit l’équivalent de 32 réacteurs en moyenne
Potentiels d’offre sans nucléaire
Renouvelables
Eolien terrestre 62 TWh
Eolien off-shore 57 TWh
Hydroélectricité 74 TWh
Photovoltaïque 15 TWh
Marémotrice 0,6 TWh
Géothermie 0,1 TWh
Cogénération
Cogénération biomasse 19 TWh
Cogénération tertiaire 14 TWh
Cogénération habitat 38 TWh
Fossiles (+ 5,4% par rapport à la consommation totale d’énergie fossile en 2010)
Gaz cycle combiné 64 TWh
Gaz turbines cycle simple 10 TWh
Classique existant 13 TWh
Charbon « neuf » 0
Nucléaire 0
Total offre sans nucléaire : 367 Twh soit l’équivalent de 57 réacteurs en moyenne

FUKUSHIMA

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

Doss ier de presse : F uku s h i ma , 6 mo i s
après la catastrophe co nt i n ue
Fuk ushima, 6 mois après : la cat ast rophe cont i n ue
Ce 11 septembre 2011, six mois se seront écoulés depuis le début de la catastrophe nucléaire
de Fukushima.
Six mois que Tepco, l’ensemble du lobby nucléaire, le gouvernement japonais, mentent et
désinforment les citoyens du Japon et du reste de la planète.
Six mois déjà, à lutter contre l’opacité, à tenter de démêler les fils de la vérité, concernant la
situation des réacteurs, la contamination de l’environnement, des habitants et des aliments.
A la veille du 11 septembre 2011, nous sommes toujours confrontés à un mur de censure..
Les grandes catastrophes nucléaires de l’histoire, de Mayak à Fukushima en passant par
Tchernobyl, se suivent… la désinformation reste entière, et nous, citoyens du Japon et
d’ailleurs, sommes les premières victimes. Ce silence doit cesser..
Le Réseau « Sortir du nucléaire » souhaite ici fournir un aperçu – sans prétendre être exhaustif
- de la situation des populations dans la préfecture de Fukushima à ce jour. Ce dossier met en
valeurs certains aspects scandaleux de la gestion de la catastrophe par les autorités
japonaises qui sont passés inaperçus dans les médias en France. Alors que l’accident n’en est
qu’à son commencement, le Japon en a-t-il tiré les leçons ?
Censure des auto rités, de nouve l les mesures al a rm antes
Six mois après le début de la catastrophe, le silence des autorités reste étouffant, et les
exemples de rétention d’information se multiplient.
Des populations en danger exposées à leur insu, au risque de radiation et de contamination
Ainsi, les Japonais ont brutalement appris que des indices d’une fusion des cœurs – comme la
présence de tellurium- avaient été détectés par les experts dès la journée suivant le tsunami.
Les faits n’ayant été révélés que trois mois après, la population n’a pas été informée en temps
réel des risques majeurs qu’elle encourait. Les autorités japonaises n’ont pas non plus
communiqué les premières mesures de radioactivité, permettant d’observer l’évolution et la
dispersion du panache radioactif. Ainsi, les tout- premiers habitants évacués, qui s’étaient
réfugiés dans la petite ville de Namié, se trouvaient en réalité dans un des lieux où les niveaux de
radiation étaient les plus élevési.
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Doss ier de presse : F uku s h i ma , 6 mo i s
après la catastrophe co nt i n ue
Des zones habitées six fois plus contaminées que Tchernobyl encore habitées
En août, le Pr. Christopher Busby, un scientifique britannique spécialiste de la
radioprotection procédant à des mesures à Tokyo, trouve à certains endroits des
concentrations en radionucléides aussi élevées que celles observées dans la zone
d’exclusion de Tchernobylii .
Les Japonais eux-mêmes font valoir que de multiples endroits non-évacués de la
préfecture de Fukushima témoignent d’une concentration en radionucléides plus élevée
que dans la zone interdite de Tchernobyl. Deux semaines après le début de la
catastrophe, suite à la découverte de concentrations de Césium 137 dans le sol du
village de Iitate (à 40 km de la centrale), le Professeur Hiroaki Koide, de l’Université de
Kyoto, avait ainsi rappelé qu’en 1986, on avait évacué rapidement tous les endroits où la
contamination dépassait 550 000 Bq/m 2. À Iitate, ces concentrations ont atteint jusqu’à
3 260 000 Bq/m 2 pour le Césium 137.
Des travailleurs sacrifiés
Tout aussi ahurissante est l’absence d’information sur et à destination des travailleurs sécurisant
la centrale de Fukushima Daiichi. On apprend le 30 août le décès d’un ouvrier de la centrale,
suite à une leucémie aiguëiii . Selon Tepco, son décès n’aurait rien à voir avec son activité à la
centrale. Pourtant, le témoignage du journaliste japonais Kazuma Obara, qui a effectué une visite
« incognito » sur le site, laisse peu d’interprétations possibles :
« Le 1er août, Tepco a annoncé qu’un rayonnement de 10 000 millisieverts par heure avait été
détecté entre les réacteurs n°1 et n°2, non loin du panneau où les idéogrammes peints en rouge
proclament : « D’un même élan du cœur : n’abandonne jamais, Fukushima ». En se tenant une
minute et demie à cet emplacement, un ouvrier dépasserait la dose annuelle limite de
250 millisieverts. A l’époque, les ouvriers n’en avaient pas été avertis. On ne leur a d’ailleurs
jamais rien expliqué, même suite à cette annonce. »iv.
Aucune nouvelle n’a par ailleurs filtré depuis six mois sur le sort de tous les autres ouvriers
contaminés depuis le début de l’accident.
Une machine gouvernementale de censure
Censure sur la pressev, diffusion de faux sites d’information… Le gouvernement japonais a
recours à tout un assortiment de moyens pour étouffer la contestation. L’arrivée même de
matériel de radioprotection est freinée : en mai, ce sont des milliers de compteurs Geiger
envoyés par des pays étrangers qui restent bloqués à l’aéroport de Narita au lieu d’être
distribués, donnant lieu à une controverse à la Chambre des Représentants au Japon
(http://videos.sortirdunucleaire.org/Fukushima-des-milliers-de) .
Éclosent également des discours faisant écho aux conclusions du « Forum Tchernobyl » vi (une
instance qui avait largement contribué à minimiser les conséquences de la contamination, ainsi
que l’effet délétère des plus faibles doses, et dont les travaux ont été dénoncés par plusieurs
associationsvii ) : le vrai risque ne viendrait pas des radiations, mais du stress lié aux informations
sur la radiation. On a ainsi pu entendre lors de la 14 ème Conférence internationale de la
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après la catastrophe co nt i n ue
recherche sur les effets de la radiation qu’il fallait éviter de donner des informations
« alarmistes » sur Fukushima afin de ne pas menacer la santé mentale de la population
japonaiseviii …
La société civile s’organise
Le 29 août, des universitaires japonais ont ainsi révélé une nouvelle carte de la contamination
(http://tinyurl.com/3eyax9e), qui fait apparaître des concentrations élevées de radioéléments
bien au-delà des zones préconisées pour l’évacuationix. Alors le 30 août, le Ministère de
l’Education et des Sciences a aussi publié la contamination aux Césiums 134 et 137 du sol et de
l’air dans la zone proche de Fukushima-Daiichi (voir carte ci-dessous).
Césium 137 : carte de la contamination au sol
Un peu partout, des citoyens se sont formés à la mesure des radiations. C’est ainsi que des
citoyens japonais, avec l’aide d’organisations françaises et allemandes (CRIIRAD, Umweltinstitut
München, IPPNW…) ont fondé une association de mesure de la radioactivité, le (Citizen’s
Measurement Radiactivity Station http://en.crms-jpn.com/ ). Son objectif est d’installer dans
toutes les 47 préfectures japonaises des stations de mesure de la radioactivité sur les personnes
et dans les aliments. Ses membres font malheureusement le constat que la radioactivité ne
cesse d’augmenter dans l’environnement tandis que l’information envers les populations fait
cruellement défaut.
Ainsi, le 5 août, le mensuel Science annonce que les résidents de la préfecture de Fukushima
feront l’objet d’une campagne de contrôle médical sur 30 ans, afin d’étudier les effets des faibles
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après la catastrophe co nt i n ue
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doses sur l’organisme. Wataru Iwata, membre du CMRS, a déclaré le 15 août dernier :
« Nous avons malheureusement l’impression qu’il s’agit ici moins d’une prise en charge
médicale au sens propre que d’un grand projet épidémiologique, dans lequel les personnes
concernées sont traitées moins comme des patients que comme des cobayes. Les représentants
des autorités supposent que la majorité de ces gens n’ont rien à craindre (…), et qu’ils mettent
en place ces tests uniquement pour répondre aux préoccupations de la population ».
Des malades potentiels non pris en charge
De plus en plus de personnes, y compris à Tokyo, se plaignent de troubles évoquant (les
symptômes d’une contamination (http://tinyurl.com/3napbqh) . Comme le décrit Wataru
Iwata, les évacués « ne sont pas pris en charge médicalement – même quand, par
exemple, les parents amènent leur enfant chez le médecin avec des symptômes suspects
comme des saignements de nez. Ils croient que cela ne peut pas venir des radiations car
ces gens auraient reçu moins de 100 millisieverts ». 100 millisieverts cumulés : en-
deçà, tout est en effet considéré comme « faible dose » par les autorités.
Lors d’une conférence à l’ambassade de France au Japon, l’IRSN (Institut de
Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) abonde dans ce sens, en ajoutant que « chacun
doit être maintenant acteur de sa radioprotection et chercher à optimiser sa dose
individuelle»xi. Or, comment peut-on conseiller à quelqu’un d’être « acteur de sa
radioprotection » si aucune information n’est disponible ? Si rien n’est mis en place pour
permettre l’évacuation des populations, seul moyen de limiter efficacement son
exposition à l’irradiation externe ?
Les enfants e xpos és à la ra di oa c tivité: chronol ogi e d’un
scanda l e
Très peu de temps après le début de la catastrophe, les écoles ont réouvert dans la préfecture
de Fukushima, en dépit de mesures témoignant d’une radioactivité élevée. Plutôt que
d’envisager de nouvelles vagues d’évacuation qui constitueraient pour les autorités l’aveu d’un
échec dans la gestion de la catastrophe, on décide donc de nier les conséquences sanitaires, en
arguant que la vie doit continuer comme avant, malgré l’accident et les très hauts taux de
radioactivité.
L e 1 9 av r i l , le gouvernement décide ainsi de permettre la réouverture de tous les
établissements scolaires où la radiation externe ne dépasse pas 3,8 microsievert par
heure, ou encore 20 millisieverts (mSv) par an dans les cours de récréation. On
demandera également aux écoliers de porter des vêtements à manches longues, de
limiter leur temps passé dehors, et ils seront équipés de dosimètres.
L e 2 9 av r i l , M. Toshisô Kosako, conseiller nucléaire du gouvernement présente sa
démission, en pleurs : d’un point de vue scientifique, un seuil d’exposition aussi élevé est
inacceptable. Cette disposition revient à soumettre les enfants, dont l’organisme fragile et
en pleine croissance est extrêmement sensible aux radiations, à la même exposition que
les travailleurs du nucléaire. Par ailleurs, elle prend uniquement en compte les doses
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accumulées du fait de l’irradiation externe, alors que les habitants de Fukushima sont
également menacés par la contamination interne, en cas de consommation d’eau ou
d’aliments contaminés.
D é bu t m a i , la société civile japonaise proteste : plusieurs associations lancent une
pétition internationale pour demander des normes de radioprotection plus exigeantes
pour les enfants, soit le retour à un maximum de 1 mSv par an. Le Réseau « Sortir du
nucléaire » relaie cette pétition (http://www.sortirdunucleaire.org/petition-japon) , qui
recueille d’ores et déjà plus de 27 800 signatures en France.
La pression des citoyens et des organisations internationales augmentant, le
gouvernement japonais procède à un artifice rhétorique et annonce l e 2 6 m a i que, tout
en maintenant provisoirement la norme de 20 mSv/an dans la préfecture de Fukushima,
l’on s’efforcera à terme de « viser » 1 mSv/an. Il s’agira notamment de retirer la couche
superficielle de terre des cours de récréation dans les endroits les plus contaminés. Cela
représente un chantier colossal, et cette entreprise ardue connaît rapidement ses
limites : que faire de la terre radioactive ainsi retirée ? Où la stocker ? Les mesures
rivalisent d’incohérence.
Lors d’une réunion publique sur la situation tenue l e 1 9 j u i lle t par les membres du
comité gouvernemental d’urgence (http://videos.sortirdunucleaire.org/Les-autorites-
japonaises-face-a-la) , et filmée par un vidéaste amateur, il est réitéré qu’il n’est pas
question d’élargir la zone d’évacuation. Ceux qui le souhaitent sont autorisés à le faire
« de façon volontaire et à leurs risques et périls », déclareront les représentants des
autorités.
La préfecture de Fukushima annonce l e 2 5 j u ill e t que l’on fera un examen pour la
tyroïde sur les mineurs de Fukushima, soit 360 000 personnes, une première fois dans les
deux ans, et une seconde fois dans les cinq ans, après qu’ils auront eu 20 ans.
L e 1 4 ao û t , on détecte de l’iode dans la thyroïde de la moitié d’un groupe d’enfants
de Fukushimaxii.
Les ONGs japonaises continuent de dénoncer la supercherie et lancent l e 1 7 ao û t un
appel au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme à venir
constater la violation du droit à la santé suite au maintien de cette limite de 20 mSv/an
(http://tinyurl.com/3nfwuby). Pendant ce temps, la vidéo de la réunion publique du 19
juillet circule tant, que l’Ambassade du Japon demande un droit de réponse à
Liberation.fr, sur lequel elle a été publiée (http://tinyurl.com/3cqc9sp) . De manière
paradoxale, on y affirme qu’il est hors de question de remettre en cause les zones
d’évacuations fixées par le gouvernement « la situation sur le site de la centrale nucléaire
de Fukushima Daiichi n’étant pas complètement rétablie » …
Le 3 0 ao û t , après de multiples demandes de rendez-vous à l’ambassade du Japon à
Paris, une délégation du Réseau « Sortir du nucléaire » se présente en vue de remettre
ces 27 847 signatures à un représentant du gouvernement japonais. Se faisant dire très
sèchement que cette démarche n’est pas la bienvenue, le Réseau « Sortir du nucléaire »
n’en restera pas là.
1 e r s e pt e m b r e : à la date traditionnelle de la rentrée des classes, en dépit des
mesures annoncées, les niveaux de radiations restent encore dramatiquement élevés
dans les cours d’écoles de la ville de Fukushima. D’après les mesures de l’ONG
Greenpeace International, on a pu déceler jusqu’à 1,5 mSv/heure – soit une fois et demie
la dose annuelle autorisée – dans une cour d’école où avaient pourtant été mises en
oeuvre des mesures de décontamination. Parmi tous les établissements étudiés, seul un
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jardin d’enfant témoignait d’une baisse réelle des niveaux de radiation, uniquement grâce au
travail entrepris par les associations locales.
Ce constat démontre bien les limites du plan gouvernemental de décontamination ; le combat
pour protéger les enfants en demandant leur évacuation des zones où la radiation excède 1
mSv/an demeure plus que jamais d’actualité.
Une remise en question du nuclé ai re qui a ses limites
Quelle poursuite du nucléaire au Japon?
43 réacteurs sont maintenant à l’arrêt au Japon, soit plus de 80 % du parc. Dans leur grande
majorité, les autorités locales ne souhaitent pas les voir redémarrer. Par ailleurs, 14 nouvelles
failles sismiques ont été découvertes à proximité de sites nucléaires japonaisxiii , un élément de
poids tout particulièrement dans le contexte post-11 mars, vis-à-vis de la politique atomique. En
juillet dernier, le Premier Ministre Naoto Kan avait plaidé pour un Japon dénucléarisé et pour un
soutien accru aux énergies renouvelables.
Une attitude contradictoire à l’international
Si le nouveau gouvernement n’envisage pas la construction de nouvelles centrales nucléaires, il
souhaite le redémarrage des unités actuellement à l’arrêt. Il semble qu’une transition
énergétique rapide se heurte à de fortes résistances, et que le lobby nucléaire japonais, bien
qu’entaché de scandales, conserve une influence importante sur le gouvernement. Ainsi en juin, à
la conférence climatique de Bonn, les représentants du Japon s’étaient montrés les plus ardents
défenseurs de l’inclusion du nucléaire dans le « Mécanisme de Développement Propre », ces
actions pour diminuer les émissions dans des pays en développement financées par les pays
occidentauxxiv.
Centrale de Tomari, exception ou premier exemple d’une régression
générale ?
Alors que le nouveau Premier Ministre, M. Yoshihiko Noda, plaide pour un redémarrage
des centrales, le 17 août, le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Tomari, sur l’île
d’Hokkaido, a déjà redémarré. Selon Kaori Izumi, de l’association japonaise « Shut down
Tomari », Tomari avait d’ailleurs commandé dès juin un chargement de MOX, ce
combustible à base de plutonium, qui doit être fabriqué d’ici novembre à l’usine Melox,
dans le Gard (France). C’est ce même type de combustible, vendu par Areva, qui était
utilisé dans le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi. D’une toxicité particulièrement
élevée, il est aussi plus prompt à entrer en fusion qu’un combustible classique.
Re t r o u v e z l a ch r o n ol o g i e de l a c a t as t r o p he au j o u r l e j o u r su r l e s i t e du Rése au
« S o r t i r du nuclé ai r e  » su r : http://www.sortirdunucleaire.org/alerte-japon
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E t en Franc e, avons-nous tiré le s leç ons de Fukushima ?
Pour le monde entier, la catastrophe de Fukushima constitue un violent rappel, 25 ans après
Tchernobyl, du caractère ingérable d’une catastrophe nucléaire et des dangers de cette
technologie. Pour le monde entier… sauf la France ?
É cr an de fu m ée « à la f r ançaise » et aveuglem en t persistant sur les risques
Alors que la Suisse, l’Allemagne ou l’Italie tiraient très tôt les leçons de cette catastrophe en
décidant d’une sortie du nucléaire, ou d’une non-reprise de leur programme nucléaire, le
gouvernement français a lui, réaffirmé son indéfectible soutien à l’atome. Avec Fukushima a
ressuscité l’argument de la « supériorité technologique française ». Le réacteur EPR, alors
fortement décrédibilisé par une longue liste de retards, surcoûts et révélations sur sa sûreté
déficiente, est devenu l’antidote au nucléaire « bon marché » et à tous les problèmes de sûreté
existants et à venir. Même les révélations accablantes de l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur les
graves malfaçons sur le chantier de l’EPR, fin août, n’amènent aucune remise en question du
« fleuron » de la technologie française… Quant à la prolongation de la durée de vie des réacteurs
vieillissants comme ceux de Fessenheim, pas question de la remettre en question, même si les
travaux nécessaires s’avèrent colossaux.
Tout en tirant vers le bas le cahier des charges des évaluations destinées aux réacteurs
européens – abandonnant ainsi l’étude de la vulnérabilité face à la menace terroriste -, la France
a mis en place à grand bruit des « stress tests » bien peu exigeants sur ses sites nucléaires. Le
gouvernement prétend même lancer des exercices de prospective énergétique à l’horizon 2050
où serait entre autres étudiée une potentielle sortie du nucléaire… tout en précisant d’emblée
que cette dernière option ne sera pas retenue.
Les Français sont désormais une très large majorité à appeler de leurs voeux une sortie du
nucléaire, et sont plus mobilisés que jamais, comme le montre l’organisation de manifestations
aux quatre coins de la France cet automne. Le débat sur l’atome sera un sujet incontournable
des élections présidentielles et législatives, et les différents candidats ne pourront rester la tête
dans le sable indéfiniment.
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7
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Notes
i
ii
iii
iv
http://www.nytimes.com/2011/08/09/world/asia/09japan.html?_r=1&scp=5&sq=fukushima&st=cse
http://www.youtube.com/watch?v=XNzDg4O9dkw&feature=youtu.be
http://jen.jiji.com/jc/eng?g=eco&k=2011083000421
http://www.centpapiers.com/fukushima-daiichi-le-visage-des-heros/80615
Le gouvernement japonais a ainsi fait passer une ordonnance demandant la censure de tous
les articles et commentaires allant à l’encontre de la parole officielle :
(http://www.soumu.go.jp/menu_news/s-news/01kiban08_01000023.html
v
vi
www.iaea.org/Publications/Booklets/Chernobyl/chernobyl.pdf
www.nirs.org/reactorwatch/accidents/chernob_report2011webippnw.pdf
viii
http://www.ddmagazine.com/201109012282/Actualites-du-developpement-durable/-Parler-de-
Fukushima-dans-la-presse-peut-etre-dangereux.html
ix
http://online.wsj.com/article/SB10001424053111904332804576540131142824362.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110826.OBS9264/exclusif-fukushima-la-carte-du-
desastre.html
vii
x
http://www.sonnenseite.com/Interviews,Interview+mit+Wataru+Iwata+aus+Fukushima+am+19.+August+2
011,20,a20024.html
xi
http://afe-asie-nord.info/docs/CR_IRSN_juillet_2011.pdf
xii
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/13_26.html
xiii
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110831005677.htm
xiv
http://www.nuclearisnotmitigation.com/
Réseau « Sortir du nucléaire » – http://www.sortirdunucleaire.fr
Tél : 04 78 28 29 22 – email : presse@ sortirdunucleaire.fr
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