Cheminée de rejets des effluents gazeux radioactifs des réacteurs n°3 & n°4 de la Centrale Nucléaire EDF de Cruas-Meysse ZOOM HD.
Tout savoir sur les Mythes de l’Énergie Nucléaire par Gerd Rosenkranz : Ce document renferme la
connaissance utile à un débat critique sur l’énergie nucléaire, en identifiant les alternatives et en présentant
l’électricité nucléaire comme ce qu’elle est : une technologie à haut risque, irresponsable et onéreuse. [PDF]
Le Mythe des centrales nucléaires propres et
sûres : La pire des pollutions gazeuse et liquide
CARTORADIATIONS 16 08 2011
Nb : Ce dossier n’aborde pas la problématique des déchets nucléaires issus du combustible radioactif.
Avant-propos :
En fonctionnement normal une centrale nucléaire émet en continu des rejets radioactifs ou chimiques d’effluents
liquides ou gazeux. Il s’agit de rejets permanents effectués volontairement sous contrôles ou sous contraintes
événementielles (situations de crises ou accidentelles). Il peut s’agir aussi de rejets effectués involontairement par
erreur ou automatiquement en urgence par la cheminée de décompression suite à une surpression anormale. Ils
proviennent des circuits d’épuration et de filtration de la centrale qui collectent une partie des éléments radioactifs ou
chimiques engendrés par le fonctionnement des divers circuits du réacteur, de la salle des machines et enceintes de
confinements.
En principe, après avoir été classés selon leur niveau de radioactivité ou de leur composition chimique, les effluents
sont stockés, traités et dans la majorité des cas rejetés (dilution dans le milieu) sous forme liquide ou gazeuse.
Les quantités d’effluents radioactifs et chimiques que les centrales nucléaires ou des usines nucléaires sont autorisées à
rejeter sont établies par des organismes nationaux ou internationaux en fonction de divers critères. Concrètement dans
des conditions normales d’exploitation des réacteurs, pour être acceptable, c’est à dire être dans les normes officielles,
il est pratiqué lors des rejets une savante dilution pour éviter une concentration, ceci en fonction des conditions
atmosphériques pour les rejets gazeux par les cheminées ou en fonction des débits des cours d’eau pour les rejets
liquides.
Ces rejets d’effluents qui sont dans tous les cas une pollution environnementale latente et chronique à effets
biologiques doivent éviter théoriquement que la bioconcentration du polluant (radionucléide,…) engendre une
absorption qui ne soit pas supérieure pour une substance donnée à son élimination. Pareillement la bioaccumulation
dans l’organisme ne doit pas dépasser ses capacités d’absorption ce qui engendrerait une toxicité aigue à effets
sanitaires.
Il faut savoir que la comptabilisation des effluents rejetés résulte, non pas de valeurs issues de mesures, mais de
valeurs extrapolées à partir de prélèvements à un moment T ou estimées d’après un linéaire de fonctionnement.
Toujours concrètement il est souvent impossible de pouvoir effectuer un contrôle in situ par un organisme totalement
indépendant, ce qui a été toujours refusé comme par exemple (demande de station automatique sur effluents) pour
les usines d’AREVA : Reportage HD, la radioactivité rejetée dans l’Isère en pleine ville de Romans dans « Les vérités qui
dérangent ».
En conséquence, en fonction d’un nombre important de paramètres, (ex. azimuts vents dominants, débits des cours
d’eau, etc …) et malgré les balises de contrôles, … il est très difficile de mettre en évidence les valeurs et les volumes
des rejets des effluents radioactifs et chimiques des centrales nucléaires pouvant avoir des conséquences
dommageables pour la santé des populations impactées.
A- Les rejets des effluents gazeux radioactifs effectués dans l’air
En fonctionnement normal les rejets permanents gazeux ou dits aérosols (avec de fines particules) proviennent de
diverses sources, principalement celles de l’épuration et de l’activation des circuits, de la fission ou ceux issus de
systèmes de ventilations des zones de confinements nucléaires. Ils sont en principe filtrés pour retenir les poussières et
les traces d’iodes radioactifs.
Certains effluents, sont stockés pendant quelques semaines dans des réservoirs afin que leur radioactivité décroisse
naturellement en fonction de leurs périodes radioactives et biologiques (temps au bout duquel la moitié ingérée ou
inhalée est éliminée, ou a perdu son activité par des processus purement biologiques). Ensuite en fonction des
conditions météorologiques (vents, pluies, etc …), ils sont ensuite rejetés « sous contrôle » dans l’atmosphère suivant
des normes, par une gigantesque cheminée [Imagerie exceptionnelle anamorphosée HD de la cheminée des rejets
radioactifs des réacteurs n°3 et n°4 de la CN EDF de Cruas-Meysse].
En cas d’incidents ou d’accidents et afin de ne pas mettre en péril (saturation) ou en surpression anormale la zone
nucléaire de confinement, les rejets gazeux de toutes natures peuvent être réalisés en urgence par les cheminées
directement et automatiquement sous contrôles de filtres (tant que faire se peut !) et des seules valves et
soupapes tarées par des ressorts, ceci quelques soient les conditions météorologiques et la nature des radioéléments.
En tout état de cause les rejets gazeux permanents, sous contraintes ou accidentels « voyagent » avec des répartitions
sujettes aux reliefs et aux conditions atmosphériques. Un exemple « typé » : Pour Les centrales nucléaires d’EDF situées
dans l’axe Rhodanien le vent dominant étant essentiellement le mistral, en conséquence les principales villes impactées
par ordre décroissant par les rejets gazeux de toutes natures sont Orange, Avignon, Arles, Istres et Marseille et en cas
de vent du sud, Montélimar, Valence, Vienne et Lyon.
Ces effluents gazeux émetteurs de rayonnements bêta et gamma qui ne sont pas assimilables par l’organisme, sont
essentiellement constitués de gaz rares dont les principaux sont le Xénon et le Krypton, mais aussi du Carbone 14 et du
Tritium qui est produit dans le circuit primaire lors de la fission par l’activation d’éléments tels que le Bore et le Lithium.
Le Tritium avec le Carbone 14 sont les deux radionucléides les plus rejetés dans l’atmosphère.
Le Tritium gazeux a la particularité d’être un atome particulièrement petit ce qui lui permet de pénétrer dans le béton,
mais surtout de se diffuser par les fissures des enceintes de confinements, voire par les plus infimes porosités, mêmes
celles de tuyauteries en métal. [Les normes avec Wikipedia].
Il existe aussi, dans cette catégorie, des rejets non radioactifs mais tout aussi très dangereux, ce sont les légionelles
présentes dans les dispersions des panaches de vapeur issues du circuit de refroidissement des tours aéroréfrigérantes.
La température à l’intérieur des gigantesques circuits de refroidissement génère leurs développements et leurs
concentrations qu’il est nécessaire de contrôler et de traiter par injection de produits biocides afin que les valeurs des
normes exprimées en Unité Format Colonie par litre (UDC/l) recommandées par les autorités soient respectées.
Pareillement se produit un fort développement d’amibes parasitaires en lien avec la température de l’eau du bassin de
récupération des tours aéroréfrigérantes, c’est une préoccupation constante du gestionnaire qui les neutralise au
mieux afin que leurs concentrations soient inférieures aux seuils recommandés.
B – Les rejets des effluents liquides radioactifs ou chimiques effectués dans l’eau
Les effluents liquides radioactifs ou chimiques sont liés au fonctionnement du réacteur et proviennent de l’îlot
nucléaire ou de la salle des machines. Dans la majorité des cas, les effluents liquides sont stockés, puis traités et enfin
après contrôles rejetés par dilution dans les cours d’eau.
La notion de la valeur du débit du cours d’eau est une constante fondamentale pour l’exécution des rejets des effluents
radioactifs ou chimiques, ainsi que celui dit thermique car elle définie l’activité volumique après dilution (activité
ajoutée par litre d’eau).
Nous avons vu les résultats de cette notion appliquée précédemment aux rejets du polychlorobiphényle (PCB) qui s’est
avérée être ultérieurement une des plus grandes catastrophes environnementales de ces dernières décennies,
notamment pour le fleuve Rhône.
De plus l’application de la réglementation est purement théorique, puisque qu’en cas de
situation anormale des dérogations temporaires peuvent être accordées par l’ASN, comme
celle obtenue le 28 juillet 2011 par l’exploitant EDF de la Centrale Nucléaire de Cruas-Meysse,
une décision qui est un modèle du genre, à lire, très instructif … *pdf+.
A – Les rejets des effluents liquides radioactifs proviennent du circuit primaire du réacteur et de ses circuits
connexes nucléaires, ce sont essentiellement du Tritium, d’Iodes radioactifs (15 potentiellement présents), des
Radioéléments (émetteurs β et γ) issus de l’activation neutronique ou de la fission nucléaire et du Carbone 14 produit
par l’activation de l’oxygène de l’eau du circuit primaire radioactif. Le Carbone 14 (demi-vie de 5570 ans) qui se
désintègre en émettant un rayonnement bêta est rejeté sous forme gazeuse et par voie liquide sous forme de CO2
dissous, ce qui a des conséquences sur les ratios des constantes des équilibres environnementaux, un vaste débat !
[Plus avec Wikipedia sur la solubilité du CO2 dissous en fonction de la température].
- En cas d’incidents tels que des dommages dans les gaines des barres du combustible (une micro-perforation suffit),
une augmentation de la densité de substances toxiques radioactives libérées aura lieu dans l’eau du circuit primaire qui
nécessitera un arrêt du réacteur et le « traitement » de l’eau hautement contaminée par une kyrielle de radioéléments.
- En cas d’accident, même collatéral, tel que celui de la SOCATRI à la CN du Tricastin (74 kg d’uranium artificiel rejeté),
évidemment la notion de seuils des normes est pulvérisée et passe comme toujours à « la trappe », la migration des
polluants radioactifs dans l’environnement est totalement incontrôlable, « nous sommes en plein amateurisme ! » [DL]
Suite à un accident nucléaire au-delà de beaux discours sur la notion de sûreté nucléaire les dysfonctionnements en
tous genres sont une réalité constatée que personne ne peut nier.[Reportage de France 2]
- En cas de désastre nucléaire comme à Fukushima, « la messe est dite », les rejets des effluents radioactifs liquides se
chiffrent à des millions de m3, le pays, en l’occurrence le Japon devient simple spectateur de sa disparition … (en cours).
B – Les rejets des effluents liquides chimiques sont eux aussi très nombreux, en effet, déjà pour pouvoir être
utilisée dans les divers circuits primaires, secondaires et tertiaires de la centrale nucléaire, l’eau prélevée destinée
notamment au refroidissement du réacteur doit subir différents traitements chimiques (déminéralisation, chloration,
anti-tartre, anti-corrosion, …). Ces traitements donnent lieu à des rejets d’effluents tel que sodium, chlorures, sulfates,
… Même dans le cas d’une augmentation minime des teneurs il en résulte une influence sur la qualité de l’eau, la faune
et la flore aquatique, ceci malgré les mesures de contrôles permanentes du respect des limites issues des normes et les
études régulières réalisées sur l’écosystème aquatique en aval des rejets (niveau de radioactivité, température, pH,
conductivité, teneur en oxygène dissous, etc …). De plus l’important volume d’eau utilisée provoque une pollution due
à l’usure anormale des matériaux de chaudronnerie tels que l’acier, le zinc, le cuivre, le chrome, les composants d’inox.
Liste non exhaustive des rejets de produits chimiques d’une centrale Nucléaire (source EDF) :
Les rejets chimiques sont composés par les produits utilisés pour conditionner l’eau des circuits, selon des paramètres
physiques et chimiques requis pour obtenir un bon fonctionnement des installations.
 L’acide borique est utilisé pour sa propriété d’absorbeur de neutrons grâce au bore qu’il contient. Cette propriété du
bore permet de contrôler le taux de fission du combustible nucléaire et, par conséquent, la réactivité du cœur du
réacteur.
 La lithine (ou oxyde de lithium) utilisée pour maintenir le pH (acidité) de l’eau du circuit primaire au niveau voulu et
limiter la corrosion des métaux.
 L’hydrazine utilisée pour éliminer la majeure partie de l’oxygène dissous dans l’eau du circuit primaire et garantir
l’intégrité des matériels contre la corrosion.
L’hydrazine est également utilisée pour la mise en condition chimique de l’eau du circuit secondaire. Ce produit est
employé simultanément à d’autres permettant de maintenir au niveau voulu le pH de l’eau secondaire.
 La morpholine ou l’ethalonamine qui permettent de protéger les matériels contre la corrosion.
En revanche, pour le conditionnement physique et chimique des circuits en contact avec l’air, on utilise plutôt les
phosphates, toujours pour maintenir au niveau voulu le pH de l’eau et limiter les phénomènes de corrosion.
Ces divers conditionnements génèrent, directement ou indirectement, la formation d’azote, d’hydrogène et
d’ammoniaque, que l’on retrouve dans les rejets sous formes :
 D’ions ammonium,
 De nitrates,
 De nitrites.
En ce qui concerne les effluents issus de la partie conventionnelle de l’installation, leurs conditionnements physiques et
chimiques nécessitent de réaliser des opérations de déminéralisation et de chloration, par conséquent des rejets :
 De sodium,
 De chlorures,
 D’ AOX (acronyme « Adsorbable Organic Halogen ») ou composés « organohalogénés » utilisés pour les traitements
de lutte contre les microorganismes (traitements appelés biocides) des circuits. Les organohalogènes forment un
groupe constitué de substances organiques (c’est-à-dire contenant du carbone) et qui comprend plusieurs atomes
halogènes (chlore, fluor, brome ou iode). Ceux qui contiennent du chlore sont appelés « composés organochlorés ».
 De THM ou trihalométhanes, auxquels appartient le chloroforme. Ils sont utilisés pour les traitements biocides des
circuits ainsi que pour les traitements de chloration. Les trihalométhanes sont un groupe important et prédominant de
sous-produits chlorés de désinfection de l’eau potable. Ils peuvent résulter de la réaction entre les matières organiques
naturelles présentes dans l’eau et le chlore rajouté comme désinfectant.
 De sulfates,
 De phosphates,
 De détergents
De plus EDF a obtenu l’autorisation de « chlorations massives » pour certaines (±5) de ses centrales nucléaires. Cette
chloration a pour but de limiter la prolifération d’amibes du fait des rejets d’eau chaude qui peuvent mettre en grave
danger les populations (baignades, eau potable). Or la chloration massive est aussi très néfaste pour l’environnement
et la santé.
C – Les rejets dits thermiques
L’eau prélevée pour assurer le refroidissement et le fonctionnement des circuits subit un échauffement, lors de son
rejet soit directement ou par l’intermédiaire des tours aéroréfrigérantes, la limite d’échauffement ne doit pas dépasser
1°C à 5,5°C suivant soit l’Arrêté Ministériel du 7 novembre 2003 ou d’Arrêtés Préfectoraux, néanmoins en fonction
d’événements ponctuels des dérogations sont possibles jusqu’à 7,5 °.
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Ceux qui en charge de responsabilités font perdurer les mythes du nucléaire sûr et propre sont des
personnes irresponsables hautement dangereuses pour le devenir de l’humanité.